Ici je vous aide à comprendre le processus en 5 étapes pour vendre vite, et au bon prix (sans se faire tondre)
Tu veux céder ton affaire dans les 3 à 12 mois ? Tu veux le bon prix, le bon repreneur, et une vente qui ne capote pas à cause d’un détail de bail ou d’un dossier incomplet? Je suis passé par cette étape à titre personnel en 2020 une vraie aventure !
Bonne nouvelle : ce n’est pas une loterie. C’est un process !
Dans les Hautes-Alpes / secteur touristique type Serre-Ponçon / EMBRUN, il y a en plus des particularités (saisonnalité, dépendance au dirigeant, équipe, bail, capacité à “tourner” sans toi). Donc on fait simple : 5 étapes, dans l’ordre.
Étape 1 — Comprendre ce que tu vends vraiment (et ce que tu ne vends pas)
Tu vends QUOI ?
Un fonds de commerce, ce n’est pas “une entreprise” au sens large. Ce qui se vend le plus souvent, c’est :
✅ La clientèle / achalandage (le vrai cœur de valeur)
✅ Le droit au bail (adresse + conditions du bail = c’est le nerf de la guerre)
✅ Le nom commercial, l’enseigne, la marque (si pertinente)
✅ Le matériel et l’agencement (si inclus dans la cession)
✅ Les licences/autorisations (ex : licence restaurant/boissons selon cas, conformité, autorisations d’exploitation)
✅ Contrats transmissibles (certains, pas tous)
❌ Ce qui ne se vend pas “automatiquement” :
- tes dettes, ta trésorerie, ton historique perso
- tes murs (ça, c’est une vente des locaux, autre dossier)
- ta “réputation personnelle” si elle n’est pas transférable (si 70% du CA dépend de toi, l’acheteur le voit… et il négocie fort)
🎯 Objectif : rendre le fonds transmissible. Plus il peut fonctionner sans toi, plus il vaut cher.

Étape 2 — Cadrer la valorisation (sinon tu te fais balader)

Le prix d’un fonds, ce n’est pas “ce que tu veux”, c’est ce que le marché finance et est prêt à offrir.
Les logiques de valorisation (simples et réalistes)
On croise généralement :
- EBE / EBITDA (capacité réelle à générer du cash)
- % du CA (souvent utilisé dans certains commerces/restauration, mais insuffisant seul)
- Valeur du matériel (quand il pèse vraiment + état + renouvellement à prévoir)
Ce qui fait monter / descendre le prix (les vrais leviers)
📈 Monte :
- bail solide (durée, destination, loyer cohérent, révision cadrée)
- rentabilité propre (EBE “normalisé” crédible)
- équipe en place + process + fournisseur sécurisés
- emplacement + visibilité + flux + stationnement
- avis clients / réputation “transférable” (pas juste “c’est moi qu’on vient voir”)
📉 Baisse :
- loyer trop élevé vs CA, bail flou, destination restrictive
- dépendance au dirigeant, absence de procédures
- charges surprises, travaux à venir, conformité fragile
- saisonnalité subie (très courant en zone touristique)
- compta “optimisée à l’ancienne” qui empêche de prouver la perf (et donc de financer)
⚠️ Réalité terrain : si l’acheteur ne peut pas obtenir un financement correct, ton prix “théorique” devient une blague coûteuse.
Étape 3 — Monter un dossier vendeur béton (et éviter les erreurs qui font capoter)
C’est là que beaucoup se font plumer : pas par méchanceté, mais parce que le flou coûte cher.
Documents indispensables (base)
- Bail commercial + annexes + historique des loyers + charges
- 3 derniers bilans (ou à défaut : liasses, compte de résultat, TVA)
- CA mensuel (idéalement sur 24–36 mois) + panier moyen + marges si possible
- EBE / charges détaillées (pour normaliser)
- Inventaire matériel (liste + état + année + valeur indicative)
- Contrats clés (fournisseurs, maintenance, terminaux, logiciels, énergie)
- Salariés : effectifs, contrats, ancienneté, temps de travail, coûts, planning
- Licences / autorisations / conformité (hygiène, ERP, sécurité, extraction, etc.)
- Conditions de reprise : stock, dépôt de garantie, formation, accompagnement
Les erreurs classiques (celles qui tuent une vente)
- “On n’a pas le bail sous la main” → fin de la confiance
- EBE gonflé / pas crédible → l’acheteur te détruit en négo
- Dossier incomplet → délais → fatigue → baisse de prix
- Confidentialité mal gérée (salariés/clients apprennent tout n’importe comment) → ambiance toxique

Étape 4 — Mise en marché : attirer des repreneurs sérieux, pas des touristes

Vendre un fonds, c’est du tri.
Avant de publier quoi que ce soit
- clarifier : pourquoi tu vends (sans raconter ta vie)
- préparer un teaser (anonyme) + un dossier complet (sur NDA)
- fixer les conditions : stock inclus ou non, accompagnement, reprise salariés, etc.
Marketing efficace (et propre)
- annonce claire : CA, EBE, loyer, surface, activité, atouts, contraintes
- photos / présentation propres (oui, ça compte)
- parcours repreneur : teaser → NDA → dossier → visite → offre/LOI → audit → signature
🎯 Objectif : obtenir moins de contacts, mais plus qualifiés.
Étape 5 — Négociation + signature : sécuriser la vente jusqu’au bout
Une vente de fonds, ce n’est pas “ok on se serre la main”. C’est un tunnel avec des étapes :
- Offre / LOI (prix, conditions, timing, financement)
- Audit / due diligence (l’acheteur vérifie tout)
- Acte de cession + clauses + conditions suspensives
- Formalités (publicité, enregistrements, etc.)
- Passation (transfert, clés, stock, accompagnement)
Points sensibles à anticiper
- accord du bailleur / cession du bail (selon clauses)
- financement repreneur
- transfert salariés et organisation
- stock (méthode de valorisation et inventaire)
- garanties / déclarations (pas de surprises cachées)
👉 Une négo bien cadrée, c’est une négo avec des preuves (chiffres, bail, charges, process) — pas des “t’inquiète”.

Conclusion
Vendre un fonds vite et au bon prix, c’est surtout :
✅ un fonds transmissible,
✅ une valorisation défendable,
✅ un dossier vendeur complet,
✅ une mise en marché structurée,
✅ et une signature sécurisée.


